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Soutenons les victimes de la répression

Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw).

O vous qui croyez! Soyez patients. Encouragez-vous mutuellement à la patience. Soyez prêts (pour lutter) et craignez Allah afin que vous réussissiez! Surah Al’i Imran (3) verset 200

Cela fait six ans, cette semaine, depuis qu’Umar Khalid et Sharjeel Imam, les plus connus  de la centaine d’activistes sociaux sont détenus en Inde sous une loi draconienne, l’Unlawful Activities (Prevention) Act (UAPA), sous laquelle la relaxe sous caution est presque impossible. Ils sont faussement accusés d’avoir incité les émeutes de New Delhi en 2020 qui avaient fait au moins 53 morts.  

Depuis, Umar Khalid et Sharjeel, anciens leaders des étudiants, sont incarcérés, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux et que la libération sous caution leur ait été refusée à plusieurs reprises. Umar et Sharjeel, sont, faut-il le souligner, des activistes épris de justice et des opposants de la dictature du BJP en Inde.  

Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf (le bien), interdisez le Mounkar (le mal) et croyez en Allah.  Surah Al’i Imraan (3) verset 110

Comme Nelson Mandela, jadis, Marwan Barghouti en Israël, Abu Zubayda, à Guantanamo, Umar Khalid et Sharjeel Imam, en Inde, sont des prisonniers de conscience, victimes de la répression et de la pratique de la détention administrative. 

Il faut aussi rappeler que l’Association for the Protection of Civil Rights (APCR), en Inde, avait exprimé de sérieuses inquiétudes quant au refus de la Cour de la libération conditionnelle à Khalid et Imam, alors que cinq autres co-accusés avaient été élargis. L’APCR avait condamné sans équivoque le maintien de l’emprisonnement de Khalid et d’Imam qu’elle estime «  injuste, disproportionnée, et déficiente de preuves substantives. »

De son côté, la Jamaat e Islami, avait aussi exprimé des sérieuses réserves quant à la décision de la justice indienne de refuser la libération d’Umar Khalid et de Sharjeel Imam.   

Les activistes des droits humains qualifient l’UAPA de législation draconienne. Cette loi avait été amendée en 2019 par l’extrême-droite raciste, le BJP, afin de permettre aux autorités de déclarer un individu ‘terroriste’ et de le détenir sans procès pendant des mois, voire des années. Avant cela, l’étiquette ‘terroriste’ était uniquement réservée aux groupes et aux organisations. Plus de 4 700 personnes ont été arrêtées sous cette loi entre 2018 et 2020, mais seulement 149 avaient été jugées coupables.  

La police avait, sous l’UAPA, arrêté, lors des émeutes de 2020, au moins 18 Musulmans, dont des activistes et leaders des étudiants, comme Khalid Saifi, Umar Khalid et Miran Haider, sous des allégations d’un vaste complot pour créer des tensions religieuses. Ces allégations avaient été qualifiées de ridicules par des experts et des légistes des droits humains.    

Notre devoir de mémoire exige que nous prenions conscience ou de nous souvenir des prisonniers de conscience que sont Marwan Barghouti, Dr Hussam Abu Safiyah, Umar Khalid et Sharjeel Imam, mais aussi de témoigner des souffrances des peuples qui vivent dans un état de persécution et de répression.

Il convient de rappeler que la répression, en Inde, ne se limite pas qu’aux prisonniers de conscience mais s’en prend aussi aux libertés religieuses. La destruction, à l’aide de pelleteuses, de centaines de mosquées sous prétexte  qu’elles n’avaient de permis de construction ou encore qu’elles se trouvaient sur le site d’anciens temples, confirme la motivation réelle de ces actes, l’Islamophobie. 

Dans le registre de l’oppression des opposants politiques, il convient de relever le sort de l’ancien Premier ministre pakistanais, Imran Khan, détenu en réclusion solitaire depuis trois ans. Privé de soins appropriés, malgré un ordre de la Cour Suprême, Imran est destiné, seul Allah (swt) le sait, à la mort. 

Encore une fois, notre devoir sous le hisbah nous impose de dénoncer la persécution et l’injustice, qui que ce soit la/ les victimes. 

Les croyants et les croyantes sont les alliés les uns des autres. Ils ordonnent le Ma’rouf (le bien) et interdisent le Mounkar (mal).  Surah At Tawbah (9) verset 71

 

La conscience du peuple

Le présent khutbah serait insuffisant si nous ne nous rappelions pas des tortures et de la persécution que subit Marwan Barghouti et des milliers de prisonniers Palestiniens dans les geôles israéliennes. Le courage et la détermination des prisonniers Palestiniens sont inébranlables, au grand dam de leurs geôliers. Pour la nation palestinienne, ces prisonniers sont le pilier de la lutte, et non un fardeau pour le mouvement.

Selon Ahmed Sa'adat, chef de la résistance emprisonné, « Les prisonniers sont la conscience de notre peuple… Ils sont l'avant-garde de la résistance. »

Les Palestiniens perçoivent l'emprisonnement en Israël comme une épreuve du feu, un rite de passage qui transforme un individu ordinaire en champion de la liberté. Ceux qui sont finalement libérés ou affranchis lors d'échanges de prisonniers sont salués comme des héros nationaux et vénérés comme des idoles.

Ces âmes indomptables ont fidèlement répondu à l’appel d’Allah lorsqu’Il nous l’ordonne dans le Coran : 

O vous qui croyez! Soyez patients. Encouragez-vous mutuellement à la patience. Soyez prêts (pour lutter)et craignez Allah afin que vous réussissiez! Surah Al’i Imran (3) verset 200

Notre foi accorde une grande importance à la libération des captifs musulmans et les place au rang d'exemple. 

Dans le Qur’an, Allah permet que les fonds sacrés de la zakât soient dépensés pour libérer les prisonniers:

L'aumône est réservée aux pauvres et aux nécessiteux, à ceux qui les recueillent, à ceux dont les cœurs doivent être réconciliés, à libérer les captifs et les débiteurs, pour la cause d'Allah et pour le voyageur ; un devoir imposé par Allah. Allah est Omniscient et Sage.  Surah Tawbah (9) verset 60

Notre Prophète Muhammad (saw), tout en insistant sur les devoirs civiques comme nourrir les pauvres et rendre visite aux infirmes, a préconisé la libération des prisonniers politiques musulmans:

« Nourrissez les affamés, visitez les malades et libérez les captifs » (Bukhari, 5649)

O vous qui croyez ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l’ordonne, fut-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents.  Surah An Nisaa (4) verset 135

Il est notre devoir, sous l’obligation du hisbah, de dénoncer le mal et de protester contre la répression, qui que ce soit la/les victimes. Umar et Sharjeel ne sont pas des militants de la cause islamique, encore moins des terroristes. Leur engagement dans la dénonciation de la dictature du BJP, en faveur de la liberté d’expression et d’opinion ont fait d’eux des cibles appropriées. Leur malheur est qu’ils soient Musulmans. Et pour cela, il est de notre devoir de prendre position en leur faveur.   

Il convient de dénoncer la travestie de la justice dont sont victimes Umar et Sharjeel, en Inde, et le délai dans l’enquête équivalent à une punition injuste. Il nous faut aussi déplorer la tendance de la justice indienne à adopter la pratique abusive, copiée d’Israël, de la détention administrative. 

L’Islam, deen de la justice, nous impose de réclamer la libération immédiate des prisonniers de conscience et d’exiger que leur droit à la justice soit respecté et qu’ils aient droit à  un procès équitable dans les plus brefs délais. 

Qu’Allah (swt) nous guide et nous aide. 

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