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L’urgente nécessité de révolutionner le khutbah

C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la bonne direction et le deen de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute idéologie, quelque répulsion qu’en aient les mushrikoun (idolâtres)  Surah At Tawbah (9) verset 33

Le constat est accablant: la majorité des personnes qui vont à la mosquée pour la prière du vendredi n’y arrivent que vers la fin du Khutbah. Ecouter des prêches, très souvent incompréhensibles ou déconnectées de la réalité de l’Ummah, est devenu un calvaire pour ceux qui réfléchissent ou une coutume qu’on accepte malgré soi. 

Pour l’intellectuel, il n’y a pas de lutte plus difficile que d’écouter des khutbah qui vous engourdissent l’esprit. On serait tenté de penser que le contenu de ces khutbah fait partie d’une stratégie pour nous détourner de la pensée critique. 

Le khutbah demeure la plateforme éducative la plus régulière, influente et à la plus large portée de la vie communautaire musulmane. Si l'on veut renouveler la qualité intellectuelle du discours musulman, le khutbah ne peut rester à l'abri de tout examen critique. Il doit être abordé, analysé et interrogé sérieusement, semaine après semaine.

La crise contemporaine du discours public musulman se comprend moins comme une crise de la foi que comme une crise de la pensée. Cette affirmation centrale, mise en avant par des érudits et des intellectuels, identifie l'anti-intellectualisme non pas à un manque de connaissances religieuses, mais à un refus de s'engager dans un raisonnement éthique, une délibération et même une autocritique. 

Lorsque les khutbahs réduisent la foi à la répétition, à la certitude et à des positions héritées, le problème n'est pas seulement une faiblesse théologique, mais aussi l'érosion de la pensée réflexive. Le Qur’an appelle à maintes reprises les croyants à la tafakkur (réflexion), au taʿaqqul (raison) et au tadabbur (contemplation profonde). Une culture du khutbah qui décourage la complexité ou le questionnement moral est donc en contradiction systématique avec l'éthique intellectuelle coranique elle-même.

De telles pratiques illustrent comment le sectarisme devient anti-intellectuel, tant dans la forme que dans le fond. Elles étouffent le questionnement, normalisent la suspicion et conditionnent les communautés à la soumission plutôt qu'à la réflexion. Lorsque les khutbahs résistent à l'anti-intellectualisme, ils rouvrent l'espace au raisonnement moral, au courage éthique et à la reconnaissance humaine. Lorsqu'ils ne le font pas, les murs et les affiches prennent la parole à leur place. La question n'est donc pas seulement de savoir ce qui est dit du mimbar, mais aussi quel type de pensée il autorise ou rejette au sein de la vie communautaire.

Ô vous qui avez cru! Quand on appelle à la Salat du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez!  Surah Al Jumuah (62 ) verset 9

Si la chaire, le mimbar, du Prophète (saw) ne peut saisir la portée de l’apartheid dont sont victimes des Musulmans, si elle ne peut comprendre les visées du génocide sur les territoires du Tawheed, si elle ne peut comprendre le sens de l’absence de contrôle, par les Musulmans, de ces territoires, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez nous. Car, par la chaire du Prophète (saw), on comprend bien qu’il s’agit de l’institution du khutbah que représente le mimbar. 

Si la chaire du Prophète (saw) est indifférente aux enjeux que représentent les Accords d’Abraham, aux menaces de l’islamophobie, si elle est inconsciente de la propension de l’homosexualité dans la société, de la dimension grandissante des jeux du hasard, il y a certes quelque chose d’anormal dans notre société.

Si la chaire du Prophète (saw) est indifférente aux menaces du système Twaghout révélé par les pédophiles, les cannibales et les exploiteurs de jeunes filles du gang d’Epstein, c’est un signe que l’Ummah va vers sa perte en subissant le nouveau jahiliyyah. 

Il s’agit d’un signe d’une maladie, d’un mal, dont souffre le psychique Musulman. Les Musulmans  ont cessé d’espérer de la chaire du Prophète (saw) que celui qui y est perché, leur dise des choses qu’ils ne savaient pas déjà, si tant que, s’ils arrivaient à somnoler pendant le khutbah, ou s’ils étaient distraits par leurs obligations après Jummah, ils ne perdraient rien. Ils savent déjà que tout ce qui allait être dit ne servirait d’aucune façon à provoquer une réflexion, encore moins à leur offrir une édification.

Grâce à l’ancrage profond des institutions du despotisme et de l’absolutisme, grâce à l’influence du colonialisme dans notre mental, le rôle de la chaire du Prophète (saw), de cette institution que représente le khutbah, a été dégradé, dévalué. Dans le psychique du Musulman, le khutbah n’est devenu qu’un rituel où nous nous rassemblons pour entendre ce que nous sommes prêts à oublier aussitôt. L’ancrage solide du sécularisme aidant, nous avons accepté le fait que le khutbah ne soit qu’une formalité.

Dans le domaine de la pensée critique, notre mentalité séculaire nous impose à croire que, s’il y quelque chose d’intelligent à dire, il doit être fait hors de la mosquée, loin de la chaire du Prophète (saw).   

Nous ne nous rendons peut être pas compte, que nous témoignons, d’un vendredi  à l’autre,  d’un enfilement d’occasions ratées de ce qui devaient être une expression de solidarité, un symbole de l’unité des Musulmans, un symbole hebdomadaire de l’héritage du Prophète Muhammad (saw). Nous avons appris à espérer du mimbar tout, sauf une contribution intellectuelle, une perception contradictoire à l’héritage du mimbar du Prophète saw).       

Le rôle du Khutbah

Le khutbah, comme on le sait, est reconnu comme faisant partie de la prière du vendredi et mérite, ainsi, une attention respectueuse et que l’on y réfléchisse. 

Le rôle du khutbah est aussi de sensibiliser et de conscientiser les Musulmans sur des questions importantes, et par extension à la mobilisation pour une prise de position. L’histoire l’a démontré, le khutbah peut contribuer à exposer des situations critiques ou à rallier les Musulmans autour d’une cause et apporter des changements au sein de la société.

Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf (le bien), interdisez le Mounkar (le mal) et croyez en Allah.  Surah Al’i Imraan (3) verset 110 

Nous pouvons déduire, de ce verset, qu’Allah a fait de l’action d’ordonner le bien et d’interdire le mal, l’élément qui fait la différence entre les croyants et les hypocrites. L’obligation d’ordonner le bien et d’interdire le mal est spécifique à notre Ummah et une condition pour son éventuel succès.

C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et l’idéologie véridique, afin qu’elle triomphe sur toute autre idéologie, quelque répulsion qu’en aient les Mushrikouns.  Surah At Tawbah (9) verset 33                                                                                               

Ce verset nous exhorte à faire prévaloir le deen d’Allah, l’idéologie islamique sur les autres idéologies. 

Si nous nous en tenions, pour un instant, aux ordres que comportent ces deux versets, nous aurions réalisé comment la chaire du Prophète (saw) a été dévaluée. 

C’est insulter l’intelligence des Musulmans que de croire que  les discussions stériles et les invectives nous inciteraient à nous engager dans le hisbah, ou dans la lutte pour faire prévaloir le deen d’Allah. 

Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf (le bien), interdisez le Mounkar (le mal) et croyez en Allah.  Surah Al’i Imraan verset 110

Qu’Allah (swt) nous guide et nous aide.

L’urgente nécessité de révolutionner le khutbah -

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